Économie – Un bilan mitigé pour Claudia Sheinbaum

La présidente mexicaine a présenté mardi le bilan de sa deuxième année au pouvoir. Les indicateurs positifs sont nombreux, mais la croissance peine toujours à décoller et les finances publiques restent sous pression.

Claudia Sheinbaum a présenté Mardi 8 septembre, au Congrès, le budget pour 2027, avec pour objectif principal la consolidation budgétaire et réduire le déficit public de 3,6 % du PIB prévu en 2026 à 3,4 % en 2027.

Pour autant, Claudia Sheinbaum refuse de renoncer aux dépenses qui constituent les priorités de son mandat. Elle a promis de préserver les programmes sociaux qui devraient représenter environ 57 milliards de dollars en 2027, contre près de 54 milliards en 2026.

Le gouvernement prévoit de consacrer environ 63 milliards de dollars à l’investissement physique en 2027, soit 2,6 % du PIB. Face à une croissance qui peine à décoller (-0,9 % au premier trimestre et +1,6 % au deuxième trimestre 2026), Claudia Sheinbaum compte notamment sur le Plan Mexico, qui mise sur les infrastructures pour attirer les investissements et renforcer l’industrie.

A plus long terme, le Plan Mexico prévoit 337 milliards de dollars d’investissements publics et mixtes entre 2026 et 2030. Mais cet effort doit composer avec des dépenses difficiles à réduire. Le gouvernement prévoit d’accorder 4,5 milliards de dollars en 2027 à Pemex, l’entreprise pétrolière la plus endettée du monde.

Trouver de nouvelles ressources en 2027

Pour réduire le déficit sans toucher à ces dépenses, le gouvernement doit donc trouver de nouvelles ressources. Or, l’économie informelle, la fraude fiscale, la faible efficacité de la TVA et le manque de dynamisme de l’économie limitent les recettes fiscales du Mexique, parmi les plus faibles de l’OCDE.

A cette équation déjà serrée s’ajoute le poids de la dette publique. Elle devrait atteindre 55 % du PIB en 2027, et les agences de notation surveillent de près son évolution. La menace d’une dégradation de sa note plane sur le Mexique, et pourrait réduire encore davantage ses marges de manoeuvre.

Selon le ministère de l’Economie, le Mexique a reçu un montant record de 35 Md USD d’investissements directs étrangers (IDE) au S1 2026, en hausse de +2,1 % (en g.a.).

Conjoncture macroéconomique

-Les prévisions de croissance pour 2026 ont été revues à la hausse par le consensus du secteur privé, et s’élèvent de +1,2 % à +1,3 %.
-Les échanges extérieurs du Mexique atteignent des niveaux record en juillet, la balance commerciale repasse en léger déficit, à 0,8 Md USD.
-Les envois de fonds (remesas) vers le Mexique ont progressé de +3 % g.a. en juillet 2026 à 5,6 Md USD, mais leur pouvoir d’achat a continué de diminuer sous l’effet de l’appréciation du peso et de l’inflation.
-Le crédit octroyé par les banques commerciales au secteur privé a progressé de +3,3 % en g.a. en juillet 2026, porté par le crédit automobile.

Un accord commercial avant les élections de mi-mandat

Les négociations entre le Mexique et les États-Unis s’intensifient autour d’un éventuel accord commercial bilatéral intérimaire avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.

L’effort a pris une urgence supplémentaire après l’effondrement des négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada le mois dernier, ce qui a laissé les deux voisins de longue date dans un conflit tarifaire croissant.

« Le temps presse pour le gouvernement mexicain », a ajouté une source de Reuters, en soulignant une économie faible et des notes de crédit en baisse. L’administration du président mexicain Claudia Sheinbaum considère qu’un accord commercial avec les États-Unis est crucial pour rassurer les marchés et les investisseurs.

La question la plus épineuse dans tout accord reste les tarifs de sécurité nationale imposés en vertu de la section 232, qui atteignent 50 % pour l’acier mexicain et canadien et 25 % pour les automobiles. Depuis que ces tarifs ont été fixés, l’administration a conclu des arrangements séparés avec le Japon, l’Union européenne, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne – à 15 % et 10 %, respectivement – ce qui signifie que les voitures arrivant de ces pays pénètrent désormais sur le marché américain dans de meilleures conditions que celles du Mexique ou du Canada.

Reuters rapporte que le Mexique a interprété l’expérience du Canada comme un avertissement, concluant que travailler avec Washington plutôt que de s’opposer à elle offre une meilleure voie vers un allègement tarifaire. Plus de 80 % des exportations du Mexique vont aux États-Unis.

Source – Agences